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L'histoire du Barbier de sa ville

Vincent André Lecourt est né le 21 juin 1964 à Compiègne. A la fin de ses études de Coiffure, il passe son brevet de maîtrise, puis s’installe dans le sillage professionnel de son arrière-grand-père, riche d’un savoir-faire de trois générations de barbiers… Dès ses cinq ans, il s’exerce à la coupe sur son chien en peluche, pensant que ses poils repousseraient.

Actuellement fort de cette richesse et de cette maîtrise, il intervient également en qualité de formateur au CFA à Compiègne (chambre de formation pour apprentis). Le barbier de sa ville est un professionnel de la coiffure qui a bénéficié d’une spécialisation sur le modelage de la Barbe ainsi que le Rasage, et aux différents soins à appliquer pour son entretien. Vincent vous apporte tous ses conseils, pour les hommes désireux de prendre soin d’eux, et d’améliorer leur style à travers leur coiffure, la Barbe & son entretien, ainsi qu’aux compétences qu’il a acquis durant plusieurs expériences effectuées à l’étranger : Londres

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De la barbe ?

Jusqu’au milieu du siècle écoulé, nous persistions à mentir comme un arracheur de dents, à montrer une foi de charbonnier, à jurer comme une harengère… .Nous croisions et croisons encore sur la place de l’hôtel de ville, au coin de la rue Solférino, le marchand de marrons criant « Chauds les marrons, chauds » ou le marchand de glaces Trueba.

Pendant des siècles, ces marchands, artisans ambulants aux petits métiers, animèrent la ville de Compiègne et d’autres avec leur savoir-faire et leur tour de main. Ces échanges vont s’installer pignon sur rue et à partir du XlXè siècle développer la proximité des services d’utilité collective. L’évocation des ces métiers d’autrefois dont certains remontent à 1842, est elle-même une leçon pour notre époque, et pour nous-mêmes. Comme elle concerna nos ancêtres, nos prédécesseurs, l’idée de métier, quelqu’il soit est une leçon d’humilité, de fierté, d’utilité et de patrimoine. C’est bien l’idée de petitesse que nous transmet la racine qui vient du latin ministerium; à la fois le serviteur et l’instrument, l’intermédiaire. De ce sacerdoce, se crée une confusion et donne misterium/mysterium ; pris par extension pour service, travail artisanal et sa forme populaire mestier, pour désigner une pratique manuelle, une profession.

Ces rapports, ces activités sont de tous les temps, et le retour sur un passé qui effleure encore nos mémoires, est nécessaire pour mesurer les valeurs à préserver, défendre leur identité et leurs droits. Ainsi, apparaissent les statuts, d’abord l’artisan, mais aussi l’ouvrier, le commerçant, V « homme de métier ». Par l’image, la description et les albums des diverses familles Compiégnoises concernées, cette exposition précieuse conserve, ranime de nombreux visages voués à l’oubli, et rend un grand hommage à toutes ces familles.

Pour ne pas sombrer dans une perte de mémoire des savoirs faire, des personnes qui nous ont côtoyé, Des visages et des murs à Compiègne , avec une certaine charge du passé, d’émotion et d’amour, vous parle au présent dans l’esprit de jadis. Chaque famille Compiégnoise a mis en œuvre, en ouvrage une valeur économique, a apporté sa pierre à l’édifice. A travers chaque exposant, et au fil des générations, chaque visage est lui-même une pierre vivante dans la construction de cet ouvrage économique collectif qui rend aujourd’hui notre Compiègne si aguichante, noble, florissante et fière. Ce liant, ce ciment entre les cousins de cape et d’épée, et ceux de la quenouille, constituent un point de chaînage de stabilité sociale entre les diverses composantes de notre ville.

Des cheveux et de la barbe !

La barbe est l’apanage du sexe fort ; ornement naturel d’un mâle visage, elle devient indispensable à l’expression physionomique. Considérée comme auxiliaire de la beauté virile, la barbe accroît ou diminue les proportions du visage, en élargit ou en rétrécit l’ovale ; elle jette ses teintes sur les joues, sur la lèvre supérieure et le menton ; elle protège la peau de ses ombres soyeuses, en augmente l’éclat et contribue puissamment à la majesté de la face humaine. Chez tous les peuples de l’antiquité, la barbe fut en honneur. Les grands dieux du paganisme étaient représentés avec une barbe olympienne ; les demi-dieux, ces héros des temps homériques, brillèrent autant par leur forte barbe que par leurs exploits. Les patriarches et les prophètes s’honoraient d’être barbus ; et Moïse témoigna de son respect pour les barbes, en invoquant un ordre divin qui défendait aux hommes de se raser. L’histoire ancienne nous montre que, partout, la barbe fut honorée et soigneusement cultivée. A une époque de civilisation plus avancée, les Athéniens, ces grands fabricateurs de modes de l’antiquité, furent les premiers qui la coupèrent, tantôt partiellement, tantôt en entier. Depuis Romulus jusqu’à César, les romains portèrent la barbe entière ; ils sacrifiaient la première barbe à Jupiter Capitolin, et ne touchaient plus à la seconde. Les quatorze premiers empereurs romains se firent raser ; mais Hadrien, pour cacher quelques cicatrices difformes, laissa croître sa barbe, et aussitôt la mode s’en étendit sur tout l’empire.

Les Tartares se sont montrés un des peuples les plus entichés de leur barbe ; ils firent de longues et sanglantes guerres aux Persans et aux Chinois, parce que ces deux peuples, au lieu de porter, comme eux, la moustache retroussée, la laissaient pendre. Jurer par la barbe fut toujours pour eux un serment réputé inviolable ; insulter une barbe est encore la plus grave injure qu’on puisse leur faire, et qui exige du sang pour réparation ; donner sa barbe à baiser est, au contraire, le signe d’une grande faveur ou d’une amitié intime.

Les Occidentaux, au contraire, ont toujours montré une grande inconstance au sujet de la barbe, dont les modes et les coupes ont été aussi fréquentes que variées, surtout parmi le peuple français. Au commencement du sixième siècle, la barbe du menton fut taillée en pointe et les favoris continuèrent à encadrer le visage. Pendant tout ce siècle et le suivant, la barbe devint, chez la nation française, l’objet de soins très assidus.

De la barbe, et toujours de la barbe

Le clergé grec tenait beaucoup à sa barbe, le clergé romain voulait la lui faire couper. Dans cette occurrence, le patriarche de Constantinople intima l’ordre à tous ses prêtres de soigner, de laisser croître plus que jamais leur barbe ; le pape de Rome fît barbifier et tonsurer les siens. Telle fut l’origine de la différence qui existe aujourd’hui dans la physionomie des deux clergés grec et romain. Enfin, traquée jusque dans ses derniers retranchements, la barbe sacerdotale qui avait soutenu un siège de quinze cents ans, succomba, vers la fin du seizième siècle.

Sous les rois fainéants, la barbe diminua de volume et de longueur. A l’avènement de Charlemagne, la barbe du menton fut supprimée, en revanche, les moustaches augmentèrent d’épaisseur et de longueur. Charles le Chauve, imposa la mode des cheveux courts, voulut, par compensation, donner aux moustaches de ses sujets la longueur qu’il faisait perdre à leurs cheveux. Aussi ce règne fut-il celui des longues moustaches, dites à la Chinoise. Sous Louis II, on en retrancha la portion tombante, et on leur donna la forme horizontale, relevée sur les coins de la bouche. Sous Charles le Simple, la houppette du menton et les moustaches tombèrent sous le rasoir. Elles tentèrent de reparaître sous Louis le Gros, mais Louis VII ordonna leur entière suppression. Vers le milieu du quatorzième siècle, quelques seigneurs parurent en barbe à la cour de Philippe de Valois.

La corporation des barbiers prit de T importance ; plusieurs d’entre eux devinrent les favoris des rois, et s’élevèrent même aux premières charges jusqu’en 1521, et à cette époque à François 1er remit la barbe en honneur. (Pour la petite histoire, François 1er ayant été blessé à la tête, d’un tison, dans une partie de plaisir, fut obligé de se couper les cheveux. Craignant d’avoir l’air d’un moine avec le chapeau de ce temps, la tête rase et sans barbe, il imagina de porter un chapeau et de laisser croître la barbe. Les Français portèrent les cheveux courts et la barbe longue jusqu’à Louis XIII.) Henri IV donna aux barbes la forme carrée. Sous Louis XIII, la moustache fut taillée en brosse, et le menton ne conserva qu’une petite touffe pointue. Louis XIV réduisit encore la touffe du menton, nommée royale, et fît porter la moustache horizontale, à pointes relevées. Le règne de Louis XV vit la barbe et la moustache disparaître. La Révolution de 1830 ramena la barbe au menton et sur la lèvre de nos jeunes gens, qui, avec raison, se montrent fiers de ce mâle attribut de leur sexe. Enfin, les Français, tant de fois chevelus ou tondus, rasés ou barbus, peuvent aujourd’hui laisser pousser leur barbe et leurs cheveux, ou les faire tailler grâce à nos institutions constitutionnelles et républicaines. Telle est l’histoire abrégée des vicissitudes de la barbe.

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